Le Nid, poème de Fernán Silva Valdés

L’écrivain uruguayen Fernán Silva Valdés (1887-1975) dans son recueil de poèmes Agua del tiempo (1925) poursuit les lignes directrices de la construction du gaucho comme figure de l’imaginaire collectif  : son environnement, ses instruments de travail, sa guitare, ses boleadoras, son poncho, son cheval, entre autres.

Les poèmes de ce petit recueil sont plein d’histoires et de musicalité. Voici un poème d’une douceur, à la plume démunie d’artifices.

El Nido                                                                                                        Le Nid

Los árboles que no dan flores                                  Les arbres qui ne donnent point de fleurs

Dan nidos;                                                                     Donnent des nids ;

Y un nido es una flor con pétalos de pluma;      Et un nid est une fleur aux pétales de plume ;

Un nido es una flor color de pájaro                       Un nid est une fleur couleur d’oiseau

Cuyo perfume                                                             Dont le parfum

Entra por los oídos.                                                  Rentre par les oreilles.

Los árboles que no dan flores                              Les arbres qui ne donnent point de fleurs

Dan nidos…                                                              Donnent des nids…

                                                                            Traduction Marlene Moret

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Cigüeña dejando su nido situado en el centro de Alcalá de Henares (España). Foto de Marlene Moret, diciembre de 2017.

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Canto a mis seres queridos


“Tu risa” est un poème de “Les vers du capitaine” du poète chilien Pablo Neruda. Il fut récompensé par le Prix Nobel de Littérature en 1971, deux avant sa mort. En 1952 durant son exile sur l’île de Capri (Italie) Neruda escrivit ce poème dont la muse est sa troisième épouse, Matilde Urrutia.

Les élèves de Seconde d’Option Internationale au Baccalauréat du Lycée Saint-Sernin de Toulouse après avoir compris et parlé sur ce poème (voir « Ressources pédagogiques ») ont rédigé un poème en devoir maison ; la tâche était de s’inspirer de l’un de leurs êtres chers en mettant en valeur ce qu’ils aiment le plus chez elle/lui. Bref, faire comme Neruda !

Le but est de leur apprendre à écrire en espagnol mais aussi à réfléchir sur ce qui les entoure. Bonne lecture !

Marlene Moret

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Henri Michaux, Ecuador. Diario de viaje.

Le soir, sept heures, à cheval.

Équateur, Équateur, j’ai pensé bien mal de toi.
Toutefois, quand on est près de s’en aller… et revenant à cheval par un clair de lune comme je fais ce soir (ici les nuits sont toujours claires, sans chaleur, bonnes pour le voyage) avec le Cotopaxi dans le dos, qui est rose à six heures et demie et seulement une masse sombre à cette heure… mais il y a des mois, que je ne le regarde plus…Équateur, tu es tout de même un sacré pays, et puis qu’est-ce que je deviendrai, moi ?

Je retourne à Paris et quand on revient à Paris sans le sou, on a beau faire le chemin par le Brésil et la forêt tropicale, on sent déjà les crampes de la misère, et on se tracasse malgré soi pour la chambre à punaises qu’il s’agira de trouver dans ce grand Paris, que l’on connaît, ah, oui, que l’on connaît.

Ça, c’est la vérité à dire au moins une fois.

Jeudi, 6 septembre.
Il semble qu’on devrait savoir quelque chose au sujet de ce départ. Il semble que le oui ou le non soient des mots courts à prononcer. Il semble qu’un voyage qui comporte quatre jours à pied, six à cheval, trente en canoa, parmi des tribus encore sauvages, du paludisme, et des serpents, puis la traversée du Brésil et de l’Atlantique, il semble qu’on pourrait en préparer quelques petits détails, quoique je l’avoue, en vingt-quatre heures on puisse faire bien des choses.

Il semble, il semble, il semble…

Je ferai un jour le portrait de l’Équatorien.

Henri Michaux, Ecuador. Journal de voyage, Editions Gallimard, 1929, réédition 1968, p. 118-119

Por la noche, a las siete, a caballo.

Ecuador, Ecuador, sí que pensé muy mal de ti.
No obstante, cuando uno está a punto de marcharse… y volviendo a caballo en una noche de luna como estoy haciendo yo esta noche (aquí las noches siempre son claras, sin calor, buenas para el viaje) con el Cotopaxi a mis espaldas, que es rosado a las seis y media y sólo una masa sombría a esta hora… pero hace muchos meses que ya no lo miro…
Ecuador, a pesar de todo menudo país eres, y en fin ¿qué será de mí, de mí?

Vuelvo a París y cuando uno vuelve a París sin un centavo, por más que uno viaje por Brasil y la selva tropical, siente ya los calambres de la miseria y aunque uno no quiera se preocupa por la habitación con chinches que habrá que encontrar en el gran París, que uno conoce, ah, sí, que uno conoce.
Así es, esa es la verdad que tiene que ser dicha al menos una vez.

Jueves, 6 de septiembre.
Parece que se debería saber algo a propósito de esa salida. Parece que el o el no son palabras fáciles de pronunciar. Parece que un viaje que necesita cuatro días a pie, seis a caballo, treinta en canoa, entre tribus aún salvajes, paludismo y serpientes, luego la travesía de Brasil y el Atlántico, parece que se podría preparar algún que otro pequeño detalle, aunque lo confieso, en veinticuatro horas puedo hacer muchas cosas.

Parece, parece, parece…

Un día haré el retrato del ecuatoriano.

Henri Michaux, Ecuador. Journal de voyage, Editions Gallimard, 1929, réédition 1968, p. 118-119