Chanel à Cuba : Voiles et vents

Cuba vit au centre d’un ouragan, un espace et tant de bouleversements après plus de cinquante ans de léthargie et de discours univoques. Des moteurs politiques, culturelles et économiques venant de l’extérieur agissent depuis mars 2016 dans cette île.

Premièrement, l’ouverture politique de Cuba le 21 mars 2016 est concrétisée par la rencontre au Palais de la Révolution (La Havane)

Deuxièmement, l’ouverture culturelle devient audible, quatre jour après, par l’arrivée des Rolling Stones. L’article du journal The Guardian souligne ce virement :http://www.theguardian.com/world/2016/mar/25/rolling-stones-cuba-historic-concert-diplomacy

Et, en troisième lieu, le dernier événement qui reflète les mutations de Cuba est le défilé de Chanel à La Havane au début du mois de mai. En effet, il enlève le voile de l’espace communiste maintenu depuis janvier 1959 ; mais aussi celui d’une population surprise et qui ne sait pas comment réagir face à la force des vents de ce voyage historique qu’elle est en train de rattraper dans son navire vétuste mais plein d’esprit positif. Elle rattrape la démocratie.
Je vous invite à lire un article de Boris Izaguirre dans El País où il fait une excellente analyse nourrie de finesse et d’humour.

http://elpais.com/elpais/2016/05/05/estilo/1462465586_556347.html

Marlene Moret

El porqué de la acogida del cine argentino

El cine argentino es el crisol de la simbiosis cultural. Botones de muestra: Raymundo Gleizer como cineasta, el gran actor Ricardo Darín. No es de extrañar la fervorosa acogida que tiene el cine porteño dentro y fuera de las fronteras. He aquí una película de Raymundo Gleizer tomada de Youtube y un artículo de El País.

 

lhttp://cultura.elpais.com/cultura/2016/05/13/actualidad/1463168909_433355.html

Marlene Moret

¡Madrid! Reportaje novelado de una retaguardia heroica. (1937) del escritor ecuatoriano Demetrio Aguilera Malta (1909-1981)

Este es un enlace con un álbum de fotos harto interesante para transportarnos en el tiempo y comprender mejor los desplazamientos internos y el éxodo de los madrileños entre los años 1936-1939, poco después del asalto de la sublevación de los denominados nacionalistas que se opusieron a la continuación de la Segunda República iniciada en 1931.

Con esta visualización espacial el lector o la lectora del siglo veintiuno podrá comprender los pasos de Rafaela, una de los protagonistas de la novela ¡Madrid! Reportaje novelado de una retaguardia heroica (1937) del escritor ecuatoriano Demetrio Aguilera Malta (1909-1981) puesto que en la actualidad la noción de las distancias ha cambiado con el avance de la aglomeración urbana.

Enlace para leer a Demetrio Aguilera Malta y su novela:

http://repositorio.casadelacultura.gob.ec:8280/handle/34000/670

Enlace para recorrer Madrid viendo fotos de la época:

http://www.fernandomunoz.com/Hojas%20Principales/img/estacionesdemadrid/estacionesdemadrid.htm

Voici un lien qui vous acheminera vers un album de photos fort intéressant pour nous transporter dans le temps et mieux comprendre les déplacements internes et l’exode des Madrilènes, entre 1936 et 1939, peu après l’assaut des insurgés des nommés « nationalistes » qui se sont opposés à la Seconde République qui avait commencée en 1931.

Grâce à cette visualisation spatiale le lecteur ou la lectrice du vingt-et-unième siècle pourra comprendre le parcours de Rafaela, une des personnages principaux du roman ¡Madrid! Reportaje novelado de una retaguardia heroica (1937) de l’écrivain équatorien Demetrio Aguilera Malta (1909-1981) puisque aujourd’hui la notion des distances a changé en raison du développement urbain.

Lien pour lire Demetrio Aguilera Malta y son roman :

http://repositorio.casadelacultura.gob.ec:8280/handle/34000/670

Lien pour parcourir Madrid en voyant des photos de l’époque :

http://www.fernandomunoz.com/Hojas%20Principales/img/estacionesdemadrid/estacionesdemadrid.htm

Marlene Moret

Le Mémorial de Rivesaltes :

La participation des autorités lors d’une commémoration officielle est plus que symbolique. Jordi Soler, écrivain et journaliste mexicain, souligne la quasi absence des autorités espagnoles à l’inauguration du Mémorial de Rivesaltes, dans les Pyrénées Orientales, camp où furent concentrés environ 20 ooo exilés espagnols après la défaite des Républicains à la fin de la Guerre Civile espagnole, le 1er avril 1939. Ce centre de rétention est ensuite devenu, sous le régime de Vichy, un camp de concentration pour des Juifs et des Gitans.

Les frontières sont franchies par les populations lorsqu’un peuple voit atteints ses droits civils, son droit à avoir une vie digne et lorsque sa survie même est menacée : cette question a un écho très fort dans l’actualité.

http://internacional.elpais.com/internacional/2015/10/16/actualidad/1445015250_252754.html

La lecture de cet article me rappelle un écrivain hautement représentatif de la lutte pour la Mémoire et les valeurs de la démocratie. Jorge Semprún dans son livre autobiographique Le Grand Voyage (publié en 1963), écrit que lors de la libération du camp de concentration de Buchenwald il avait eu une sorte d’aphasie face aux événements qu’il venait de vivre, face aux regards apitoyés. Le récit de son voyage en train de Compiègne à Buchenwald est à  la fois le récit de ses sentiments au moment de la libération des camps et une réflexion au présent, vingt ans après. Si en 1945 il ne voulait pas parler de l’histoire de Buchenwald, en 1963, il fallait le faire, il fallait témoigner. L’écriture du Grand Voyage lui a servi à exorciser l’oubli, car sans l’écrit le temps peut effacer l’Histoire. Et il faut ajouter avec force aujourd’hui que si les monuments, témoins de ce passé, ne sont pas conservés, et si les autorités les plus représentatives et symboliques d’un pays ne s’y rendent pas pour un événement commémoratif, on court le risque de ne pas transmettre aux jeunes la mémoire d’une histoire qui éclaire le présent.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/10/16/a-rivesaltes-inauguration-d-un-lieu-de-memoires-multiples_4790654_3224.html

Marlene Moret

Eduardo Galeano. Le défi de l’Amérique Latine

Eduardo Galeano dans son ouvrage phare dans l’Histoire de L’Amérique Latine, Las venas abiertas de América Latina, (1971), s’interroge sur le destin du continent américain. Les premiers symptômes d’une aliénation culturelle se font jour avec le mimétisme du modus vivendi de la société des Etats-Unis d’Amérique. Je cite :

« ¿Cuál va a ser el destino de América Latina?. Yo no lo sé, pero sé cuál es el desafío. El desafío es: ¿Vamos a convertirnos en la triste caricatura del Norte? ¿Vamos a ser como ellos? ¿A repetir los horrores de una sociedad de consumo que está devorando el planeta? ¿Vamos a ser violentos? ¿Vamos a creer que estamos condenados a la guerra incesante? ¿O vamos a generar un mundo diferente? Vamos a ofrecer al mundo un mundo diferente. Yo creo que ese es el desafío que tenemos planteado. Y por hoy somos, la verdad, caricaturas bastante tristes. De modos de vida que se nos imponen desde afuera. Estamos gobernados por sistemas de poder que cada día nos convencen que ‘no hay virtud más alta que la virtud del papagallo’, que ‘no hay habilidad comparable a la habilidad del mono’. El papagallo, el mono, los que imitan: los ecos de voces ajenas. »

L’écrivain uruguayen (1940- avril 2015) écrivit en 1971 l’ouvrage de référence pour tout lecteur qui voudrait comprendre l’histoire, la société, l’économie et la politique de l’Amérique Latine ; il a vu loin. En effet, le mimétisme auquel il fait référence est celui de la société de consommation, non pas de la mondialisation mais bien de l’invulnérable capitalisme de cette époque-là. Il y a dans cette citation de l’amertume mais aussi un encouragement à dépasser les mimétismes

Le grand défi pour l’Amérique Latine est précisément de ne pas perdre son identité dans ce processus de mondialisation qui a débuté dans les années quatre-vingt-dix et qui se trouve au plus haut degré en cette décennie du XXI siècle.

Marlene Moret