Éducation européenne, de Romain Gary

L’écrivain Roman Gary, né à Vilnus, capitale de l’actuelle Lituanie, devint français en 1935. Il publie Education européenne en 1945 en français. L’édition à laquelle on va se référer est celle de l’édition Gallimard, 1972. L’histoire se déroule à l’automne et hiver de 1942-1943, durant la Bataille de Stalingrad (23 Août 1942 – 2 Février 1943) lorsque les Allemands sous les ordres de Hitler envahirent la Russie.

Education européenne est un roman de formation. L’histoire commence lorsque Janek Twardowski a quatorze ans et que le docteur Twardowski, son père, vient d’être tué par les Allemands. Il doit apprendre désormais à survivre seul dans la forêt de la Wilejka, près de Wilno (Vilnus). Les maquisards qu’il rencontre vont participer à cette formation. À la fin du roman, il est devenu sous-lieutenant et père de famille. Au-delà de ce récit, ce qui ressort de ce roman c’est la foi des Européens en une Europe qui soit l’antithèse des événements qui sont vécus durant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce roman est riche en intertextualité. Le procédé le plus récurrent est celui de la citation de fragments de contes, poèmes, phrases. Parmi ceux-là figure un poème écrit par un des maquisards, Adam Dobranski, qui dit flirter avec la poésie, p. 62-63. Nous traduisons en espagnol ce poème qui défend l’idée d’une Europe sans frontières.

J’attends dans ma cellule antique,

Combien d’hommes ont attendu ainsi ?

Que le dernier tract soit imprimé,

Que la dernière grenade soit mordue et lancée.

J’attends que la dernière victime tombe,

Pour avoir crié : « Vive la Liberté »,

Que le dernier État souverain

Croule sous les coups des patriotes européens.

J’attends que toutes les capitales

Deviennent les villes de province,

Que meure l’écho dans le monde

Du dernier chant national.

Que l’Europe se lève enfin en marche,

Ma bien-aimée prostrée et piétinée…

J’attends dans ma cellule antique.

Combien d’autres hommes attendent comme moi ?

Estoy esperando en mi celda antigua,

¿Cuántos hombres han esperado así ?

Que se imprima el último libelo,

Que se muerda y lance la última granada.

Espero que caiga la última víctima,

Por haber gritado: «Viva la Libertad»,

Que el último Estado soberano

Se desmorone con los golpes de los patriotas europeos.

Espero que todas las capitales

Se conviertan en las ciudades de provincia,

Que muera el eco en el mundo

Del último canto nacional.

Que por fin Europa se ponga en marcha,

Mi amada postrada y pisoteada…

Estoy esperando en mi celda antigua.

¿Cuántos otros hombres están esperando como yo ?

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